Préservation des primates
Centre de Réhabilitation pour Primates P-WAC
Le Centre de Réhabilitation pour Primates P-WAC, basé au Kongo Central (Ouest de la RDC), a pour mission la sauvegarde des primates victimes des activités anthropiques comme le braconnage et la déforestation. P-WAC est la seule initiative de protection des chimpanzés et des petits singes dans tout l’Ouest du pays.

D’où viennent les primates secourus ?
Aucun primate n’a été et ne sera acheté !!
Des chimpanzés (Pan troglodytes) et des petits singes (Cercopithecus ascanius) sont accueillis au refuge après avoir été confisqués par l’État Congolais des mains de trafiquants ou de particuliers les possédant de manière illégale. Ils sont tous remis à P-WAC par les autorités compétentes. Si les orphelins venaient initialement des confiscations faites à l’Ouest du pays, face à la montée du braconnage, depuis 2023, le gouvernement fait également appel au refuge pour des confiscations réalisées à l’Est de la RDC.

Mongo en 2018, avant d’arriver au refuge P-WAC

Mongo dans les forêts de P-WAC, 2025

Lembo, avant P-WAC, 2023
Objectif Réintroduction
Quel avenir pour les pensionnaires de P-WAC ?

Un jour, les orphelins du refuge P-WAC retourneront vivre librement dans les forêts du pays. C’est ce qu’on appelle une réintroduction en milieu naturel.
Avant cela, il faut passer par la phase ” Réhabilitation“, qui est un réapprentissage des codes sociaux, de la vie sauvage… On estime qu’il faut au minimum une décennie pour y parvenir !
Cette phase est longue car de nombreux critères sont attendus : il faut que les orphelins soient réintroduits sans danger pour le reste de la faune (contrôle sanitaire), il faut avoir un terrain protégé et que les communautés locales soient impliquées et enfin que les traumatismes liés à la capture aient été dépassés ! Sans compter qu’un chimpanzé se développe aussi lentement qu’un humain, il est nécessaire d’attendre de nombreuses années avant qu’un jeune chimpanzé puisse vivre loin de la surveillance des parents de substitution qui veillent sur eux en remplacement des parents naturels, chassés.
Comment se déroule une réhabilitation ?

Une réhabilitation pour primates est très longue. Elle commence dès l’arrivée d’un orphelin au refuge. Chaque orphelin suit une quarantaine, loin des autres primates et avec un personnel dédié, qui va établir un contact avec le nouvel arrivant, le rassurer et faire un bilan de santé, afin d’apporter des soins si nécessaires. Les orphelins sont souvent blessés par des cordes qui lacèrent la peau du ventre et des hanches. Cette phase de quarantaine est primordiale car sans elle, un nouveau primate malade pourrait contaminer tous les autres pensionnaires du refuge !!
Une fois la quarantaine terminée, le nouveau est présenté aux membres de sa nouvelle famille. Cette présentation peut se faire en quelques heures (comme Naseka qui a accepté tout le monde en moins de dix minutes!) ou prendre des mois (comme Elonga, apeuré de voir d’autres chimpanzés, et préférant les bras des parents humain de substitution pendant près de 5 mois, avant de finir par accepter les siens). Ce temps est fonction du traumatisme de chacun. Les soigneurs sont présents pour rassurer.
Une fois que les contacts ont été établis et que des liens ont été créés, le nouveau groupe passe ses journées en forêt ! Les soigneurs les suivent, les observent et notent leurs comportements. Ils interviennent en cas de conflits, donnent des biberons (aux plus petits) et accompagnent les primates dans la découverte de leur nouvelle forêt. En cas de blessures, de maladies, le personnel intervient.
Calme, environnement naturel et bien-être
P-WAC un refuge 100 % fermé aux extérieurs !
Mise à part les autorités du pays, les partenaires de P-WAC et des missions spécifiques initiées par la direction, le refuge est totalement fermé aux visiteurs et aux touristes. Cela permet aux pensionnaires de réapprendre la vie sauvage et de se désimprégner de l’homme pour mieux se préparer au retour en milieu naturel. Les seules personnes ayant contact avec les primates sont donc les soigneurs et membres de l’équipe !
Pour l’équipe P-WAC, vouloir réensauvager des primates victimes de l’homme en les exposant chaque jour à des visiteurs et des personnes extérieures au campement ne fait pas sens.
En dehors de ces parents de substitution, les chimpanzés et cercopithèques du refuge vivent loin des hommes et des potentielles maladies. La transmission de maladie est la seconde raison à la fermeture du refuge. Chaque visiteur ou touriste pourrait apporter une maladie avec lui. Si un simple rhume est bénin pour un humain, cela peut être fatal pour un primate non humain !
La troisième raison qui fait que P-WAC n’accepte aucun visiteur est le refus de la direction de générer des revenus sur la visite des orphelins. Cette activité serait apparentée à l’activité des jardins zoologiques et n’est pas l’objectif de P-WAC.
Le fait de fermer P-WAC aux extérieurs en fait un lieu paisible, un havre de paix où le bien-être des orphelins est et reste la priorité ! Ils évoluent dans les forêts sécurisées de P-WAC et vaquent à leurs occupations naturelles, comme le ferait un groupe de chimpanzés sauvages.
C’est ce qui fait que P-WAC est un refuge, un orphelinat, un centre de réhabilitation,
et non un sanctuaire – qui accepte les extérieurs.
Un environnement naturel !
Pour P-WAC, le bien-être passe par le respect de l’espèce, les contacts limités avec les orphelins, mais aussi l’évolution dans un habitat naturel. P-WAC est loin des villes et des cités : le refuge est situé en pleine forêt. Ainsi, en plus de l’éloignement du tumulte et des dangers de la ville, à part les cages de quarantaines fréquentées par tous les arrivants après leurs confiscations, tous les orphelins passent leurs journées dans des arbres forestiers !

Ils vivent dans des forêts sécurisées. Les enclos boisés offrent des aliments sauvages (ils peuvent consommer les mêmes aliments que dans leurs forêts natives, comme des tiges, des fruits sauvages, des fleurs, des insectes), des terrains de jeux naturels (pas besoin d’enrichissements quand on vit dans les arbres ! ) et une sécurité (aucun chasseur ne peut approcher!). Les soigneurs sont avec eux dès le réveil, et les observent jusqu’au couché. Pour dormir, les chimpanzés ont le choix : ils peuvent rentrer dans la Maison des Chimpanzés (reliée à l’enclos) ou faire un nid dans la canopée !


