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Témoignage de Florian, bénévole à P-WAC

Vous le savez sans doute, nous aimons vous faire profiter des passages des bénévoles au Congo. Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir le témoignage de Florian. Âgé de 18 ans, ce jeune pompier est venu se confronter à la vraie nature pour sa première mission en Afrique.

« Depuis mon plus jeune âge je suis passionné de faune sauvage, notamment les fauves, les reptiles et les mammifères, et je sais que je veux travailler en Afrique. J’ai entendu de nombreuses critiques suite à mon projet de carrière (l’Afrique est dangereuse, tu n’y arriveras jamais…) qui ont pu parfois m’atteindre et me faire perdre ma motivation, mais mes parents m’ont toujours soutenu dans mes envies et ils étaient là pour me ressaisir et me remotiver de plus belle. C’est d’ailleurs avec leur soutien que j’ai cherché un cursus scolaire centré sur les animaux : je viens d’obtenir mon Baccalauréat commercial avec option animalerie, au cours duquel j’ai pratiqué des stages dans différentes branches du monde animal (animalerie, vivarium, clinique vétérinaire et parc zoologique).

Pendant mon année de terminale je me suis lancé dans des recherches pour des missions de bénévolat en réserves ou centres de réhabilitation. Parmi mes demandes, il y avait P-WAC. Du fait de mon jeune âge, on m’a tout d’abord répondu par la négative. Cependant, qui ne tente rien n’a rien… j’ai décidé de renvoyer un email et d’expliquer ma réelle motivation et mon dévouement profond pour la sauvegarde de la faune et la flore. Amandine Renaud (la fondatrice de P-WAC), voyant ma détermination, m’a alors accordé un entretien téléphonique. Nous avons échangé sur mes expériences, et mes avis sur les centres de réhabilitation, les réserves etc… Après un second échange, cette fois avec mes parents, la décision est prise de m’accorder la chance de partir. Ma mission pour P-WAC fût donc programmée pour le 24 août.

A partir de ce moment-là, j’étais très heureux et en même temps angoissé, car le plus compliqué arrivait : achat du matériel et vêtements spécifiques, demande de visa, achat du billet d’avion, rendez-vous pour les vaccins etc… Les réactions des personnes à qui j’annonçais la nouvelle étaient pour certaines toujours négatives  « Mais tu es fou d’aller là-bas c’est dangereux, tu vas attraper des maladies, l’Afrique est sale » et pour d’autres, fort heureusement, beaucoup plus positives « J’aimerais vraiment avoir cette chance ! C’est un beau projet que tu as là, profite un maximum ! ».

Puis viens le Jour-J : Je rejoins Amandine à l’aéroport de Lyon le 24 août, et à 17h40 nous embarquons pour 8h de vol. Nous arrivons à Kinshasa de nuit et pourtant le paysage est déjà très différent : je remarque des immeubles et maisons comme en Europe mais avec des gens sans domicile faisant des feux sur les trottoirs au bord des bâtiments pour se chauffer.

Quelques kilomètres plus loin, les paysages changent. Plus aucun bâtiment à l’horizon, seulement des collines. En voiture, les villageois viennent toquer aux fenêtres pour vendre leurs fruits et légumes. Ensuite nous atteignons les routes plus rudimentaires, les pistes, et là un autre spectacle nous attend, d’immenses plantations de maniocs, des arbres coupés à tout va par les tronçonneuses… Des feux gigantesques brûlant des centaines d’hectares… J’ai compris que les gens ici brûlent les terres pour une meilleure repousse. Puis, enfin nous arrivons au camp dans la soirée, isolé au milieu d’une forêt tropicale.

 

La rencontre de l’équipe

Amandine me présente aux travailleurs présents, Célestin et Papa Bongalo, qui m’accueillent joyeusement puis dès le lendemain, je rencontre deux autres travailleurs Tito et Nestor, qui s’occupent de patrouiller dans tous les terrains de P-WAC pour éviter l’intrusion de braconniers et/ou de cultivateurs. Amandine et Célestin me font découvrir les enclos, les espèces de singes présentes sur le site. Célestin s’occupe de ma formation : je reste avec lui pour observer et apprendre le travail qu’il fait, le nettoyage des bâtiments, l’observation des singes et les prises de notes importantes. Une fois formé, on se partage le travail.

Patrouiller est un vrai sport !

J’ai aussi eu la possibilité de partir en patrouille avec Tito et Nestor, qui m’avaient prévenu avant tout de la difficulté du terrain. Etant sportif je me suis dit que ça ne devait pas être si difficile que ça. Nous partons alors le matin en pleine forêt tropicale pour parcourir tout le territoire de P-WAC. Nous entrons dans un décor extraordinaire, des arbres et végétaux immenses, de simples feuilles qui font votre taille et pourtant je mesure 1m84 ! Le chant des oiseaux à tue-tête,  etc…Nous arrivons au pied d’une colline totalement à la verticale, de petites encoches sont faites avec les machettes dans la terre pour nous permettre de grimper. Tous les muscles de nos corps sont en action : on force avec les jambes pour donner une assez bonne propulsion jusqu’à la prochaine encoche, et on tire sur les bras et avant-bras pour attraper les lianes et branches pour se rééquilibrer ! La descente de la colline en fin de journée était tout aussi compliquée mais par chance je ne suis pas tombé.

Quelques difficultés de terrain ?

Sur le site, il y avait certains moments difficiles, comme les centaines de piqûres de moustiques quand j’avais de l’anti-moustique, et les milliers de piqûres quand j’oubliais d’en mettre. Mais pour moi, le plus difficile a été l’alimentation : finalement, en local, il y a très peu de choix et le plus souvent on mange le même plat. Les premiers jours on trouve cela sympa, mais ensuite cela devient plus dur.

Mais ce que j’aimerais partager avec vous ce sont les moments tout bonnement extraordinaires vécus ici, comme lorsque j’aidais Papa Bongalo à fabriquer la toiture locale, la maison en bambou, et qu’il me montrait comment aiguiser correctement la machette. Tous les soirs, j’ai affuté une machette comme lui, pour avoir un outil de travail comme ici. Papa Bongalo est un homme que j’admire : c’est un homme de la forêt qui a un savoir-faire exceptionnel. Je le remercie de tout ce qu’il ma transmis !

 

En conclusion ?

Je n’oublierais jamais cette expérience qui n’a été que bénéfique à mes yeux. Moi qui ne suis pas un grand passionné des primates, lors de cette expérience j’ai pu apprécier d’être à leurs côtés et les observer, j’ai apprécié de pouvoir échanger avec Amandine sur ces espèces et leur réapprentissage de la vie sauvage. J’ai pu avoir une approche avec les primates que je n’aurais jamais cru avoir un jour. Je remercie toute l’équipe P-WAC qui m’a donné la chance de vivre cette aventure. Je remercie tous les travailleurs congolais sur le site qui ont été géniaux ! Je remercie également les personnes rencontrées lors de cette aventure, comme des expatriés qui ont été très chaleureux et accueillants. Et pour finir merci à Amandine Renaud pour tous ces partages d’expériences, ces moments inoubliables. Je suis heureux d’avoir vécu cette expérience à ses côtés. Merci pour ton aide, ton soutien et ta soif de préserver les primates qui m’ont fait grandir et que j’ai pu admirer lors de ce séjour.

 

Merci à toi Florian ! Toute l’équipe sur place a été ravie d’accueillir un jeune homme si dynamique et désireux d’apprendre ! Florian, ton énergie nous manquera, mais nous savons tous que tu reviendras nous voir d’ici quelques années ! Bonne continuation à toi !

 

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About the author
Amandine Renaud
http://www.p-wac.org